Le répertoire du mentaliste se compose d'un clavier restreint, une gamme en quatre notes :
La télépathie – communication entre deux esprits
La clairvoyance – perception d'informations inconnues de tous
La pré-cognition – connaître avant les effets d'un phénomène à venir
La psychokinésie – influence de l'esprit sur la matière (exemple : faire bouger à distance une chaise).
Max MAVEN, artiste américain emblématique de cet art, l'évoque avec talent dans l'une de ses dernières publications "Prisme – les couleurs du mentalisme" (c.c. éditions pour la France).
Alors, comment tenir un public en haleine pendant 1 h. 15 (durée moyenne d'un spectacle). Le risque reste grand, dans ces conditions, de sombrer dans la répétition et d'entraîner de facto une usure prématurée de la motivation, même chez les inconditionnels du genre.
Pour vaincre cela, l'acteur mentaliste doit posséder des qualités rares, intimement liées à sa personnalité. La technique pure sur laquelle s'appuie l'illusionniste fait cruellement défaut au mentaliste. Ce dernier travaille avec presque rien. Le plus souvent, il n'a comme outils qu'un crayon, du papier et quelques élastiques… Pas de quoi se retrancher derrière un mur d'effets spéciaux digne de la guerre des étoiles.
Par contre, il doit posséder les qualités qui suivent pour se montrer performant :
Est-ce par hasard qu'un acteur mentaliste arrive à ces treize qualités majeures pour animer un tel spectacle ?
A vous de choisir !
Un mot encore sur l'approche scénographique de l'artiste mentaliste. Ma courte expérience de cet art à ce jour m'impose l'idée qu'il convient de casser les modèles socio-culturels établis ou, pour le moins, de s'en extraite si le souci est d'exister dans cette expression théâtrale.
Les générations précédentes de mentalistes, fussent-elles talentueuses, sont le reflet de leur époque dans leur écriture spécifique. Pour avoir cité Max MAVEN en préambule, son style reste unique. Il anime son personnage avec talent et sait qu'il a irradié le monde entier d'une représentation particulière pour ce genre de magie. Mais, à trop vouloir singer "le modèle" le risque est d'apparaître comme une pâle doublure sans substance propre.
Peut-on exister en tant que sosie ?
A l'inverse, je demeure convaincu qu'il y a matière à puiser dans les contes et les légendes de chacune de nos régions de France ou d'ailleurs et à nouveau les faire vivre dans une approche comme une présentation originale.
G. BUFFON, poète et naturaliste du XVIIIème siècle, ne disait-il pas "le style, c'est l'homme". Je propose cette maxime comme objet de méditation aux futurs mentaliste.
Bien amicalement.
JYB
